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Grande Ruine 3728m

A gauche, la Grande RuineLa Grande Ruine est un sommet qui s´est fait désirer, il fait parti de ces rêves que l´on réalise un jour. Françoise, notre voisine à la Grave, nous propose une petite journée en montagne histoire de nous dégourdir les jambes après 2 semaines passées autour des Écrins. L´heure matinale (7h00 assis dans la voiture prêt à partir) aurait du nous mettre la puce à l´oreille. Quelques minutes plus tard nous étions au Pied du Col (1705m). Notre destination était le refuge Adèle Planchard (3169m), lieu qui m´était inconnu. Nous avons appris bien vite que Adèle Planchard est un refuge qui se mérite. Depuis le parking jusqu´au refuge il y a 1458m de dénivellation, sans compter le retour. Pas moins de 3000m aller-retour, cette journée a marqué nos jambes fatiguées et nos esprits. Mais c´est peut-être pour cela que ce nid d´aigle est magique. Son accès est long et rude, mais arrivé au refuge c´est déjà une petite course en soi. Et lorsque l´on est à Adèle Planchard, on rêve forcément du sommet tout proche: la Grande Ruine.

A quelques mètres du sommetC´est ainsi que quelques années plus tard, profitant d´une belle arrière saison à la Grave, je jette un coup d´œil au bureau des Guides de la Grave (c´est eux qui distillent la météo dans la vallée). Fabuleux, une collective à la Grande Ruine est programmée 2 jours plus tard. Au bureau, l´hôtesse me dit que le rendez-vous avec le guide est fixé au lendemain à Adèle Planchard en fin de soirée. J´ai juste le temps d´acheter le saucisson et de filer préparer mon sac pour le lendemain. La montée au refuge est longue, aussi j´étais bien décidé à profiter un maximum de la journée, et de me laisser guider par l´air du temps. En partant vers 8h00, je devais arriver au refuge vers 13h00. Cela me permettait de m´acclimater un peu pour le lendemain. Le refuge étant à 3169m, la nuit serait sans doute longue...

Après avoir franchi le Pas d´Anna Falque, le large vallon du Plan de l´Alpe ouvre ses portes. A cet endroit on se sent forcement envahi par un sentiment de bien-être. Les eaux provenant des sources de la Romanche et du Rit de la Planche forment un décor de toute beauté. EDF, qui a repéré les lieux depuis bien longtemps, projette d´y construire un barrage... sans commentaire. En remontant le vallon vers le glacier de la Plate des Agneaux je m´offre une bonne sieste, bercé par les sources de la Romanche (altitude 2143m). C´est avec un soleil naissant dans le vallon que je remonte le bout de la moraine qui donne accès à la longue montée vers le refuge Adèle Planchard. Quelques mètres avant le refuge la vue s´ouvre vers la Barre des Écrins (4102m), magnifique.

Arête sommitalePasser l´après midi dans ce havre de paix est comme un enchantement. Pour avoir un meilleur point de vue sur le refuge et un panorama complet des sommets qui vous entourent, montez jusqu´à l´éperon rocheux au-dessus du refuge (au niveau du drapeau alt. 3186m). Emportez par la quiétude des lieux, vous finirez bien par fermer les yeux. La plupart des gens arrivent plus tard dans la journée, aussi depuis votre repère vous pourrez observer ces petits points noirs montants vers le refuge avec grande peine. C´est une activité très reposante... C´est durant le repas du soir que je fais la connaissance des autres membres de la cordée. Nous sommes quatre. Un couple plutôt âgé venant spécialement d´Amsterdam, et un jeune homme de Briançon. Notre guide pénètre dans la grande salle vers 19h30 à l´heure du repas. Le briefing autour de la soupe est rapide, et nous apprenons l´heure du réveil: 4h00

Pour une fois nous n´avons pas traîné. Les autres membres de la cordée semblent expérimentés, aussi nous sortons les premiers du refuge. Aujourd'hui nous allons faire la trace, et c´est toujours un grand bonheur d´être les premiers dans la montagne. La première demi-heure passe toujours mal. La tête cogne un peu, et je ne sais pas si la malheureuse tartine moulinée avec grande peine va décider de prendre l´air ou pas. La lueur de ma frontale est toujours aussi pâle. Peu à peu j´émerge, et l´aube naissante dessine le paysage environnant. La météo a été agitée cette nuit et il a neigé en dessous de 2800m. Les plus hauts sommets sont poudrés, et des nuages naissants bourgeonnent en dessous de nous. La couleur du ciel n´est pas très engageante ce matin, et le temps est plutôt inquiétant.

Autoportrait au sommetNotre cordée remonte rapidement le glacier supérieur des Agneaux. Dans notre dos, la Barre des Écrins est déjà enveloppée par des nuages, maintenant c´est sûr, le temps nous est compté si nous voulons atteindre le sommet. Nous déposons les piolets au pied des premiers rochers. Le passage est facile, mais nous conservons les crampons à cause de la neige qui est tombée durant la nuit. Le sommet est maintenant à portée de la main et quelques minutes plus tard notre cordée se retrouve sur la montagne tant convoitée. L´ambiance au sommet est spectaculaire. Le vent fait tournoyer les nuages autour de nous. La scène se joue en trois actes. Acte 1 rideau, acte 2 levée de rideau, acte 3 soleil. Au N seul la Meije ne semble pas être perturbée par ce jeu des nuages.

Nous savourons par intermittence la vue qu´offre le sommet de la Grande Ruine sur l´ensemble des Écrins. Puis, nous nous pressons de redescendre. Il se met définitivement à pleuvoir lorsque nous arrivons au refuge Adèle Planchard. Après une demi-heure de pose, j´attaque les 4h00 de descente vers le Pied du Col. C´est trempé et usé que je rejoins la vallée, mais c´est la tête remplie de moment fabuleux que je ferme les yeux.



départ du Pied du Col
Michelin 77 - pli 7
L´itinéraire ci-dessous est donné à titre indicatif. Cartographie IGN série TOP 25 3436 ET.

1er jour
Laisser sa voiture au pied du col. Suivre le sentier menant au refuge de l´Alpe de Villar d´Arêne, puis bifurquer à droite sur le pas d´Anna-Falque, pour longer la rive droite de la Romanche. Remonter le court de l´eau par un superbe plateau verdoyant. Rester rive gauche jusqu´au pont qui marque l´intersection des chemins entre le refuge du Pavé et celui d´Adèle Planchard. Passer les sources de la Romanche et rejoindre les moraines de la Plate des Agneaux. Le chemin s´élève sur le versant E. Une multitude de lacets serrés (attention aux chutes de pierres) permettent de s´élever jusqu´à un large pierrier. De là des cairns indiquent l´itinéraire, mais il reste encore 900m de dénivelée. Le refuge est loin, mais cette marche d´approche réduira d´autant la course du lendemain. Compter 5 à 6h pour monter au refuge depuis le parking.

2ème jour
Du refuge Adèle Planchard rejoindre le glacier supérieur des Agneaux par une petite combe. Remonter les premières pentes raides du glacier en longeant l´éperon rocheux descendant de Roche Méane. A cet endroit les crevasses sont nombreuses. Puis la pente s´adoucit. Par un large S, prendre la direction du Col du Diable (3565m) puis obliquer vers la brèche Giraud-Lézin. Continuer vers la gauche en direction de l´arête E de la Grande Ruine. Franchir la rimaye, puis par une pente raide remonter la courte arête de neige. Déposer piolet et crampons aux pieds des premiers rochers (suivant l´état de l´arête finale, il est conseillé de garder les crampons). Le sommet s´atteint par quelques rochers faciles. La descente s´effectue par le même itinéraire.


Départ Refuge Adèle Planchard (3169m).
Difficulté II/F. C´est une course de neige sur un glacier crevassé. La rimaye est parfois délicate à passer. L´accès à l´arête finale se fait par un court passage rocheux de 3m, ensuite ce sont quelques rochers faciles et sans difficultés.
Horaire Du refuge Adèle Planchard au sommet compter 3h.
Dénivellation 600m
Conditions favorables Cette course est faisable en toute saison, dès que la neige est stabilisée. L´hiver c´est une belle randonnée à ski.
Matériel Piolet, crampons, harnais, corde à simple, matériel de sécurité sur glacier.
Première ascension Christian Almer père, Peter Michel fils, Christian Roth, Peter Bleuer avec Mlle Meta Brevoort, William Augustus Brevoort Coolidge et la chienne Tschingel, le 19 juillet 1873.

Parc National des Écrins www.les-ecrins-parc-national.fr
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